Justin discusses the middle class in his Toronto Star editorial

31 octobre 2012

Pour ceux et celles qui s’imaginent que la classe moyenne est en essor au Canada en ce moment, je vous invite à prendre quelques minutes pour discuter avec vos voisins.

Ce qui fait le succès prodigieux du Canada sont les idées et les croyances que nous partageons.  Nous avons bâti une société qui place la compassion, la diversité et les libertés individuelles au cœur d’une citoyenneté qui offre à tous les Canadiens des opportunités d’améliorer leurs perspectives d’avenir et leurs conditions économiques.  C’est cela, l’idéal canadien.  Mais il se trouve que cet idéal est maintenant menacé par nos dirigeants politiques qui l’ignorent impunément.

Les innombrables pressions financières de la vie quotidienne, les canadiens de la classe moyenne  les connaissent très bien. Les détracteurs s’empressent d’avancer que les légères hausses des revenus familiaux que l’on connait dernièrement sont un signe que la classe moyenne se porte bien. Il est vrai que notre réalité a changé; avec l’entrée en force d’une nouvelle génération de femmes éduquées sur le marché du travail, les revenus moyens des familles ont augmenté. Cela nous oblige à nous poser la question suivante : d’où viendra la prochaine vague de croissance économique?  C’est indéniable, les revenus individuels des gens de la classe moyenne stagnent depuis les dernières décennies.

Il nous faut aussi composer avec l’inégalité grandissante des revenus. La taille de l’économie canadienne a certes doublé au cours des trente dernières années, mais nous savons que les bénéfices de cette croissance n’ont pas été partagés également : les plus riches en ont bénéficié davantage. Au même moment, les gens de la classe moyenne ont continué à  s’endetter à des taux record et à faire face à un marché immobilier de plus en plus inaccessible, surtout dans les grandes villes telles que Vancouver, Toronto, Calgary et Montréal.

Il n’est donc pas surprenant que tant de canadiens me fassent part de leurs inquiétudes quant aux perspectives d’avenir pour leurs enfants et leurs petits-enfants.

Je n’ai rien contre la richesse; je crois que l’état a un rôle important à jouer dans la création de richesse en proposant des politiques axées vers la croissance. Mais avec le succès viennent les responsabilités. Le sens des mesures, la sécurité économique globale et la possibilité de croître sont tous des éléments clés du succès que nous sommes en train de perdre de vue. Le succès économique doit être partagé équitablement, sans quoi il ne faudra pas s’étonner si les gens qui font partie de la classe moyenne remettent en question le système et les valeurs qui sous-tendent cette croissance.

En résumé, la classe moyenne se retrouve hors de la formule de croissance au Canada, laissée de côté par nos dirigeants politiques actuels, et cette réalité est dangereuse pour tous.

Si je suis élu chef du Parti libéral du Canada, mon parti travaillera sans relâche à mettre en œuvre des politiques qui favoriseront la croissance économique et qui en assureront une répartition plus large et plus équitable. Au cours de la dernière année, le NPD a montré ses couleurs en opposant les provinces qui ont une croissance économique à celles qui traversent une période difficile. Ça ne nous mène nulle part. Les Canadiens ont vu le fruit des politiques qui divisent de la droite. La dernière chose dont nous avons besoin est de voir la gauche reproduire les mêmes divisions.

De quoi aurait l’air un nouveau programme libéral? La politique libérale que je proposerai sera basée sur des faits, et non sur des idéologies. Cette idée peut sembler vieux jeu dans l’actuel climat politique, mais je crois sincèrement que des politiques solides sont basées sur des faits.  Les problèmes auxquels fait face la classe moyenne sont complexes et ne seront pas résolus par des politiques simplistes.

D’abord et avant tout, elles devront être réalistes et abordables. Il nous faut assurer un plus grand accès à l’éducation postsecondaire – aux universités, aux collèges, aux écoles techniques –  et appuyer la création d’emplois en augmentant notre productivité et en stimulant l’innovation. L’accès au marché du travail demeure un enjeu de taille, surtout pour les jeunes.  Trop de gens ne peuvent compter que sur un travail à temps partiel, n’ont pas accès à un régime de retraite et gagnent le salaire minimum.

Parce que le capital est mobile et que notre marché domestique est relativement petit, nous avons besoin d’investissements étrangers pour appuyer la création d’emplois au Canada.  Les canadiens méritent plus qu’une attitude « policière-keystone » très populaire à Ottawa, ils ont besoin qu’on leur présente une position plus cohérente et stratégique sur les échanges et les investissements étrangers.

Enfin, la classe moyenne doit pouvoir compter sur des programmes sociaux qui lui assureront une sécurité économique et une certaine qualité de vie.

Personne ne peut prétendre connaître l’ensemble des politiques qui seront requises mais, chose certaine, celles actuellement en place ne fonctionnent pas. Les circonstances globales dans lesquelles le Canada se trouve sont complexes, et nous sommes confrontés aux mêmes problèmes que bien d’autres économies développées partout dans le monde. Nous avons besoin d’esprits créatifs et inventifs déterminés à trouver des façons de promouvoir les intérêts de la majorité des Canadiens.

Le plus important pour moi est de vous écouter. Je dévouerai cette campagne à la chefferie – et si je suis élu chef, les années suivantes – à discuter avec vous, mes concitoyens canadiens, de vos préoccupations et défis quotidiens, de vos espoirs et de vos projets futurs. Le nouveau programme que je désire construire s’inspirera et naîtra des rêves que vous avez pour vos familles, pour vos communautés et pour notre pays.

Je crois en un Canada où le succès est possible pour tous et où les citoyens qui travaillent fort peuvent s’attendre à un mode de vie confortable et à de meilleures perspectives d’avenir pour eux-mêmes et pour leurs enfants. Les citoyens dont les valeurs communes ont bâtit ce pays ont été mis de côté depuis trop longtemps déjà. Il est temps de proposer un leadership politique déterminé à changer cette situation.

La Presse